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Les labels de Kpop : fin de la Big 3 ?

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Image article labels de kpop

C’est ici pour en savoir plus sur l’industrie musicale coréenne, les labels de Kpop et la fin de la Big 3 !

Pour bien débuter l’année, je souhaitais vous présenter les labels de Kpop. Et particulièrement l’ère de changement qui est en train de s’opérer petit à petit dans l’industrie musicale coréenne.

Le sujet vous intéresse ? Alors restez jusqu’au bout ! Et découvrez en quoi les agences de Kpop innovent ! Et comment la concurrence s’est transformée en entraide pour accomplir des objectifs communs !

Les Big3 : piliers d’une industrie

Il me semblait impossible de débuter cet article sans vous présenter les trois agences qui ont été à l’origine de la réussite de l’industrie musicale en Corée du Sud. En effet, la Big 3, représente le trio iconique de trois labels qui sont vite devenus les plus rentables et célèbres.

SM Entertainment, JYP Entertainment et YG Entertainment sont en grande partie à l’origine de la réussite de la Kpop. Et contribue encore aujourd’hui au déploiement de la culture coréenne à travers le monde, autrement dit, à la Hallyu.

Pour en savoir plus sur la « vague coréenne » ou Hallyu, rendez-vous sur le précédent article qui explore l’impact de la musique populaire coréenne dans le monde !

Mais comment, la Kpop a réussi à s’imposer ? Et à fonctionner, qu’il s’agisse de la Corée du Sud comme à l’internationale ? En quoi innove-t-elle au point de gagner en popularité et en influence ? Pour répondre à cette question, pas besoin d’aller plus loin. Il suffit d’observer n’importe quelle MV populaire de Kpop pour se rendre compte de l’attention apporté à chaque détail.

Tout a son importance et va permettre de rendre justice, certes aux idoles mais surtout à la chanson. Ce travail de chaque aspect technique, va donner sens à la musique ! Et peut aider à mieux appréhender la chanson, dès la première écoute en mêlant la rythmique sonore à la rythmique visuelle.

La musique populaire coréenne innove dans ce domaine en proposant une version parfaite de l’artiste qui est multi-talent, sublime et charismatique. Si cela peut être réducteur, cela n’en est pour autant pas faux au départ. C’est ce sur quoi les labels misent pour vendre et lancer l’industrie de la Kpop. Loin de moi l’idée de dénigrer la Kpop, bien au contraire, j’en suis fan. Simplement il ne faut pas être dupe sur cette industrie, car il est bien question d’une industrie musicale !

Ces trois labels mèneront à bien leur projet avec des chiffres d’affaires défiant toute concurrence. Comme celui d’SM au troisième trimestre de 2018 qui s’élèvera à plus de 130,7 millions d’euros.

Malgré cette aspect monétaire, il ne faut pas omettre de noter que leurs trois dirigeants ont été eux aussi artistes. Et que c’est de cette passion qu’est né l’envie de faire briller la musique populaire coréenne ! D’emmener plus loin cette industrie qui avait effectivement un avenir radieux devant elle.

En effet, Lee Soo-man, Park Jin-Young et Yang Hyun Suk ont respectivement un passé similaire dans la musique qui les amenés à lancer leur propre label. Lee Soo-man fait ses débuts en tant que chanteur en 1972. Et forme même un groupe en 1980 mais la politique de censure médiatique le découragera de faire carrière dans l’industrie musicale coréenne.

Il se réorientera vers une carrière d’ingénieur. Puis fera son retour en Corée du Sud en 1985, l’esprit remplis des nouvelles stars dont Michel Jackson. Et d’une vision de ce que l’industrie musicale coréenne pourrait être.

C’est enfin en 1989 qu’il fondera SM Studio avec une approche musicale qui vise le public adolescent. Avec cette fameuse idée d’artistes qui doivent être capable de tout faire. Quelques années après, en 1996, l’entreprise devient SM Entertainment et le groupe H.O.T fera ses débuts.

Si Lee Soo-Man a dû quitter son poste de membre du conseil d’administration, il reste néanmoins présent au département « management et développement des artistes ». Il participe par de nombreuses activités, comme réalisateur artistique ou compositeur. Lee Soo-Man est toujours présent et continue de partager sa vision de l’industrie et de son futur !

Après le succès notamment d’NCT et de ses nombreuses sub-units, SM a lancé le groupe Aespa en 2020. Groupe dont on ne peut passer à côté avec leur concept d’avoir une version numérisée d’elle-même, des IA.

Mais passons à JYP ! Park Jin-Young mieux connu sous le nom de J.Y. Park ou JYP est auteur-compositeur sud-coréen. C’est en mai 1997 qu’il fonde le label Tae-Hong Planning Company.  Il sera renommé seulement en avril 2001 en JYP Entertainment. Chanteur, réalisateur artistique mais aussi auteur-compositeur, ce dirigeant est reconnu pour s’impliquer particulièrement dans le processus créatif de ses artistes et notamment la production des morceaux.

Avec des artistes comme Twice, Stray Kids ou encore Itzy, JYP Entertainment est une agence qui continue de produire des artistes qui font vibrer le monde.

Enfin et non pas des moindres, YG Entertainment ! Elle nait en 1996 des mains de Yang Hyun-suk ancien chanteur du groupe mythique Seo Taiji and Boys. C’est d’ailleurs après la séparation du groupe qu’il décide de créer sa maison de disques avec son frère Yong Min-Suk. Il démissionnera de son poste en 2020 à cause d’une affaire de paris illicites.

Si celui-ci n’est plus officiellement membre de la société, il reste une personne influente pour la société. En effet, il détient toujours des actions de YG et peut donc influencer les décisions prises. Si vous voulez en savoir plus sur ces spéculations, je vous suggère de lire ce court article !

Cette agence a elle aussi vous l’aurez deviné fait démarrer des groupes légendaires pour l’histoire de la Kpop ! Comme BigBang ou 2NE1 pour n’en citer que deux. Mais YG continue de se placer en tête des charts avec notamment le groupe BLACKPINK. Ou encore TREASURE plus récemment, constitué par un survival show intitulé YG Treasure Box.

Le secret de sa réussite consiste en un premier lieu en un style influencée par le RnB et le Hip-Hop. Mais aussi à la liberté artistique donnée aux artistes de l’agence.  Ce label essaye au maximum de conserver l’intégrité des musiques et les produisent eux-mêmes. Le talent est au coeur de leur démarche, bien que le physique reste important pour réussir. 

Vous l’aurez compris, la Big 3 ce sont trois labels ayant une place centrale sur le marché de la Kpop. Et étant à l’origine du déploiement historique de l’industrie musicale coréenne. Aujourd’hui ces maisons de disques continuent de produire des groupes talentueux qui gravisse de manière rapide et impressionnante le devant de la scène musicale pop coréenne. 

Dépassés par des firmes plus innovantes

Si ce trio composent le coeur de la musique populaire coréenne, d’autres agences gravitent autour. Certaines naissent puis disparaissent. D’autres réussissent à se maintenir sur le marché et à continuer à vivre malgré des rendements moins conséquents.

Mais certaines agences vont particulièrement innover et s’imposer aux côtés de la Big 3, jusqu’à pour certaines engloutir ce trio et les surpasser sur le plan internationale. J’aimerais ici revenir sur quatre agences bien particulières qui ont su attirer mon attention :

  • Cube Entertainement
  • PNation : une agence créée par le non moins célèbre Psy
  • Hybe Entertainement dont nous avons déjà eu l’occasion de parler lors d’un précédent article 
  • CJ ENM : à l’origine d’une cérémonie de musique, les MAMA (Mnet Asian Music Award)

Tout d’abord évoquons rapidement Cube Entertainement qui fait partie de ces entreprises musicales qui réussissent à se maintenir sur le marché. Ce label s’inscrit déjà comme un cas particulier car il est fondé en 2008 par le PDG et ancien employé de JYPEntertainment : Hong Seung-sung. 

Si deux co-PDG ont été nommées, la situation restait instable et on ne savait pas vraiment qui reprendrait les rennes. Heureusement, Hong Seung-sung qui s’était éloigné de la société est revenu à la rescousse et a repris la place de PDG. Une nouvelle qui a pu rassurer tout le monde notamment la compagnie elle-même. 

En effet, c’est bien ce dirigeant et directeur qui a permis à l’agence de monter aussi haut et à s’imposer en tant qu’excellente agence musicale. Nous lui devons entre autres de grands noms comme 4minute ou BtoB

Une philosophie l’a toujours guidée, celle d’artistes tournés vers la composition, l’écriture et la performance de leurs chansons. Et c’est certainement par ce vent d’authenticité de ses artistes que Cube Entertainment a pu réussir. Son chiffre d’affaires en 2020 était de 36 938 millions de won soit 27 203 500 euros

Ces nouvelles agences qui s’imposent sur le marché et dont les groupes gagnent du terrain dans le cœur des fans de Kpop n’y sont pas arrivés par hasard ! Elles ont innovés et proposés une nouvelle manière de faire de la musique ou en tout cas de manager leurs artistes. 

Cube Entertainment en est un parfait exemple ! Les artistes de l’agence ont le droit à des vacances, notamment lors des périodes de fin d’année pour pouvoir retrouver leur famille et leurs amis. Et oui, avoir des vacances pour les idoles n’est pas quelque chose de commun. 

Celle-ci autorise aussi les relations amoureuses chez leurs idoles. Si cela est un grand pas pour l’évolution du monde de la kpop, cette avancée ne peut avoir lieu que sans l’approbation du publique. Et on a bien vu avec le scandale autour des idoles Hyuna et Dawn que les fans n’était pas encore prêt à accepter ses changements. En effet, certains fans sont encore très possessifs, et certains sont devenus haineux au point d’implorer à l’agence d’agir en les virant de l’agence. 

Par la force des choses, Cube Entertainment a fini par perdre ses deux artistes en fin 2018. Hyuna et Dawn ont rejoint par la suite la compagnie de PSY, PNation, dont nous allons parler désormais. 

Vous connaissez tous son dirigeant, pas besoin de s’y attarder. Seulement quelques points d’informations, PSY a lancée PNATION en 2019. Ancien artiste de la YG Entertainment, il a décidé de se lancer en solo après avoir gagnée le succès tant en Corée du Sud qu’à l’internationale. Avec un style bien à lui et décalée, son agence se concentre sur la qualité plutôt que la quantité. 

En effet, on compte peu d’artistes au sein de l’agence et PSY semble être intéressé par les profils unique que d’autres agences n’oserait jamais se risquer à prendre sous leurs ailes. PSY a accueilli Hyuna et Dawn, a fait débuter Jessi, artiste qui n’a pas sa langue dans sa poche et assume pleinement notamment la chirurgie esthétique dont elle a eu recours. Deux autres artistes solos rejoignent l’agence en 2019 et 2020, Crush et Heize

On ne peut nier l’impact de PSY et de son agence sur le monde

On peut voir comme petit à petit, acte après acte, décision après décision, la Kpop industrie évolue, se transforme et tente de se rapprocher de plus en plus d’une approche humaine et artistique plutôt que sur le rendement et les rentrées d’argents. D’ailleurs HYBE Entertainment a suivi cette démarche artistique depuis les débuts du groupe BTS avec un univers et des concepts uniques.

Les valeurs d’Hybe Entertainement sont plus qu’honorables. Nous savons déjà que les chansons sont bien made by BTS et les équipes de l’agence sont toujours là pour aider nos artistes à mener à terme leur projet et proposer aux fans des visuels époustouflants. 

Les équipes et les idoles du label travaillent d’arrache pieds et cela se ressent. D’ailleurs Yoongi/Suga a longtemps repousser une opération de son épaule car il avait peur que le groupe en pâti de son absence car ils étaient dans une période très occupées.  Mais les membres ont approuvé sa décision d’enfin se faire opérer après des années de douleurs. Il ne s’agissait pas d’une simple légère douleur mais d’un vrai problème de santé. Le membre en question a même avoué avoir eu du mal à soulever une simple bouteille d’eau alors qu’il tournait pour une publicité. 

C’est cette humanité chez Hybe que les fans soutiennent sans aucun doute. Et elle est visible aussi par des investissements dans de nombreuses causes. Par exemple, en 2017, une donation de 80 000 euros a été faite aux familles des victimes d’un ferry qui a sombré en emportant de nombreux étudiants. La sortie de leur chanson Spring Day s’inscrit dans ce contexte particulier qui a profondément marqué la Corée du Sud. 

Je ne pense avoir besoin d’en dire plus sur Hybe, anciennement BigHit et le groupe BTS. Vous voyez comme ce label à lui seul fait évoluer la société et l’industrie musicale coréenne en s’imposant comme un modèle de réussite nouveau pour la Corée du Sud. Même si Hybe semble dévorer les autres agences sur son passage, il n’en est rien car toutes ensemble, les agences avancent vers un but commun, celui de faire reconnaitre la Corée du Sud par une hallyu culturelle musicale. 

Ce pourquoi l’agence CJ ENM m’intéresse autant. En effet, celle-ci est à l’origine de la cérémonie de musique Mnet Asian Music Award : les MAMA. 

Je vous livre d’ailleurs mon avis et mon analyse de la mise en scène de certaines performances dans cette vidéo :

Si cette cérémonie a été créée dans le but de promouvoir la Kpop, celle-ci s’est ouverte pour représenter l’ensemble de l’Asie et devenir “la meilleure cérémonie de remise de prix au monde pour les fans du monde entier avec les fans coréens au centre ». D’ailleurs, cette année, l’agence avait conviée Ed Sheeran à performer à distance.  

On est loin désormais d’une musique et d’une industrie naissante faisant ses premiers pas sur la scène internationale. La Kpop s’est très vite imposé sur le devant de la scène et avec ce turn over, se termine une ère, une époque de la musique populaire coréenne, celle des Big 3 ayant la main sur le marché

Mais à quel point cet ère était naussive pour avoir le besoin aujourd’hui d’y remédier ? Contre quoi se battent aujourd’hui les fans et les les agences de demain ? C’est ce que je vous propose de voir dans cette partie !

Les slave contracts des idols

Nous verrons dans cette seconde partie que les conditions de vies des idoles ne sont pas aussi idylliques que nous pourrions le penser. En effet, on a même pu comparer les contrats des idoles à des “contrats d’esclavages“. Mais alors, qu’est-ce qui nous fait dire cela ? Est-ce que ce terme est approprié à leur situation ? 

Premièrement, leurs salaires sont très faibles. Et leurs endettements auprès de l’agence rend très difficile de parvenir à pouvoir les rembourser et que leur revenue leur soit réellement dû. Et oui, tout est tout frais payés par l’agence lorsque l’on devient trainee. Mais ces frais vous seront retenus de votre paye en devenant idole. Et ce, jusqu’à ce que vous en ayez remboursé l’intégrité de ce que vous leur devez. Donc, à moins de réussir, les idoles finiront probablement endetter en quittant leur agence. 

Ensuite, nos idoles sont presque enfermées au sein des locaux de l’agence. Ils ne peuvent voir leur famille qu’avec le consentement de celle-ci. Nous l’avons vu plus tôt, les vacances sont rares voire inexistantes dans ce métier, qui est pour le coup à plein temps. Certains idoles ont eu l’occasion de s’exprimer devant les caméras après avoir quitté l’industrie. Et ont avoué que même les téléphones étaient interdits. 

Les idoles sont coupées du monde et doivent se concentrer sur leur propre réussite. Ils sont mis sous pression, loin de leur proche. 

Aujourd’hui, les choses sont bel et bien en train de changer ! Les idoles ont même leur propre compte de réseaux sociaux. Comme BTS récemment dont les membres ont rejoints Instagram. Mais aussi des applications de partage propre à la Kpop comme Vlive, Universe, Weverse et LYSN. Toutes permettent aux idoles d’échanger avec leurs fans, par message à la manière de Twitter ou par des lives. Après tout, le monde n‘est-il pas une source d’inspiration première pour les artistes ?

Autre point qu’il est important de souligner, les relations amoureuses sont interdites. En Corée du Sud, certains fans considèrent que les idoles leur appartiennent. De ce fait, il serait extrêmement dangereux pour l’image et la popularité du groupe de voir un de leur membre avoir un/une petite-amie. Nous avons vu plus tôt l’exemple du scandale autour du couple Hyuna et Dawn. Mais il existe une ribambelle d’artistes qui ont dû quitter leur agence ou leur groupe pour des rumeurs de relations amoureuses. 

Il y a également un problème au niveau de la nourriture. L’esthétique a une ampleur très importante en Corée du Sud. Le poids et le corps en générale des idoles est scrutée à la loupe. Pour correspondre aux idéaux de poids demandés par les labels, les femmes plus que les hommes doivent s’imposer des régimes extrêmement strictes. Pouvant parfois amenés à ne rien manger. Ces conditions extrêmement difficiles s’ajoute à la charge de travail physiques qu’ils doivent fournir pour savoir :

  • danser correctement
  • chanter parfaitement
  • être capable de jouer la comédie
  • ou encore poser pour des photographies. 

Par ailleurs, en plus des entraînements officiels, les idoles se lèvent très tôt le matin et se couche tard le soir pour continuer de s’entraîner. Ce qui engendre un manque de sommeil. Tout ce travail dans le but de ne pas être éliminé de l’agence lorsque l’on est trainee. Et par la suite, ne pas recevoir de critiques des téléspectateurs.

Concrètement, les idoles coréens sont surexploités et surentrainées pour s’assurer qu’ils réussiront à attirer le public. L’agence investit du temps et beaucoup d’argents quand elle décide de lancer un groupe. Alors il est évident que celle-ci investit pour obtenir des résultas.

Malheureusement, ces conditions peuvent mettre en danger les idoles sous différentes formes : 

  • Objectiser ainsi les idoles comme des personnes interchangeables et interdire les relations amoureuses normalise le comportement des Sasaeng. Alors qu’elles sont extrêmement dangereuses mentalement comme physiquement parfois.  
  • Certains idoles se retrouvent en Hiatus pour des raisons physiques ou mentales.
  • Ces conditions de vies ont même amené certains idoles ou trainee au suicide.

Voici une petite vidéo qui résume en quelques minutes ce par quoi doivent passer les personnes qui souhaitent être idole :

Heureusement, des personnes se lèvent aujourd’hui pour changer les choses et notamment les fans qui déplorent ces “slaves contrats”. Mais aussi les artistes coréens eux-mêmes qui sont devenues de vrais icônes de ce renouveau dans l’industrie musicale coréenne. 

Voyons alors dans cette dernière partie en quoi nous faisons face aujourd’hui et depuis quelques années à un renouveau dans la Kpop et ainsi à la fin d’une ère de la musique populaire coréenne. Comment mettons-nous fin aujourd’hui à une partie de son histoire pour l’emmener vers une version d’elle-même plus humaine ?

Un vent de renouveau dans l’industrie musicale coréenne

J’aimerais mettre en lumière tout d’abord des artistes qui de par leur physique montre l’évolution de la Kpop. Tout d’abord, une personne qui pour moi porte en elle-même ce dont l’industrie avait besoin : Hwasa du groupe Mamamoo.

Celle-ci s’est vu dès ses premières auditions en tant que trainee, recevoir des remarques sur son physique lui indiquant que si certes elle avait du talent, son physique ne lui permettrait pas de percer en tant qu’idole. Voici la traduction française de ce discours qu’elle a pu prononcée lors d’un concert :

“Une fois, je suis allée à une audition et le prof m’a dit ceci :Tu es unique et chante vraiment bien mais tu es grosse et pas jolie. Pendant que je pleurais la nuit en regardant un clip que j’aimais, je me suis promis à moi-même. Si je ne correspond pas aux standards d’aujourd’hui, je deviendrais un standard nouveau et différent”

Après avoir réussi à commencer sa carrière, Hwasa s’est vu recevoir de nombreuses critiques notamment dû à ses cuisses qui ne correspondait pas aux standards de la société. Hwasa a réussi à devenir pour beaucoup de fans et d’idoles une icône de la pop coréenne qui a réussi à intégrer le milieu malgré un physique différent.

Du côté des hommes aussi, des physiques atypiques se font remarquer et permettent de déconstruire l’idée d’un corps parfait. Nous prendrons ici exemple de Shindong du groupe Super Junior qui a longtemps été en surpoids. Celui-ci nous a prouver que l’on peut réussir malgré un corps disgracieux. Je me permets de noter cependant que celui-ci a depuis perdu pas moins de 30 kilos et qu’il essaye de se remettre en santé. Il a d’ailleurs parfois eu des commentaires très dégradants envers d’autres personnes étant en surpoids.

Ce fait montre à la fois que l’on peut réussir en étant en surpoids mais qu’intérieurement, l’idée d’être en surpoids reste associé à l’idée d’une personne qui ne prend pas soin de soi et reste donc vu négativement pour la société.

Une autre personne m’intéresse ici, une membre de Twice : Jeongyeon. J’avais déjà remarqué sur de nombreuses photos que la membre en question avait pris du poids et se démarquait des autres membres. Alors je suis allé faire quelques recherches et ai découvert qu’elle souffrait d’une hernie discale au cou. Blessure très douloureuse qui lui rend très compliqué de faire des activités physiques, expliquant sa prise de poids. Cependant, les fans continuent de la soutenir.

Comme quoi, le poids ne définit pas la personne, et Jeongyeon a décidé de continuer à faire parti de Twice malgré ce handicap.

On voit comme le physique des idoles peut être différent et tout de même les amener à réussir. Ou en tout, cas continuer dans le milieu. Bien d’autres artistes de Kpop viennent déconstruire les modèles de la beauté en Corée du Sud comme Bang Chan du groupe StrayKids qui a un nez plus important que la plupart des idoles.

Au delà, des artistes, les agences également participe à ce changement que l’on ressent dans la Kpop. Dans les parties précédentes, nous avons eu l’occasion d’aborder l’assouplissement des labels sur le traitement et les conditions de vies des idoles. Permettez-moi de compléter.

Concernant le point des Sasaeng, SM Entertainement s’est exprimé et a affirmé que désormais il s’occuperait de ces cas plus sérieusement.

Les fans également, grande communauté bienveillante ont leur impact ! Ils travaillent à diminuer les commentaires pouvant mettre en danger le bien être psychologique des idoles.

L’arrivée de ces nouveaux labels est un réel vent de fraîcheur ! Ils viennent prouver que l’ère des slaves contrats n’a plus lieu d’être. Des artistes peuvent être talentueux et réussir sans être passé par ceux-ci. D’ailleurs la K-Indie, musique indépendante est très populaire.

Si vous souhaitez avoir plus d’informations et d’exemples d’assouplissements, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

Nous l’avons vu plus tôt, les agences travaillent vers un but commun, ce qui les amènent désormais à collaborer ensemble. L’ère des big3 et de la concurrence absolu est révolu.

Ce tournant dans la Kpop a selon moi débuté dès les années 2010. Lorsque la Kpop a voulu se lancer sur le marché internationale et étendre plus fortement la Hallyu. Les labels ont alors commencé à travailler ensemble. On notera une sorte de resserrement des liens entre Hybe, Naver Corp et YG Entertainment ! Ce grâce à des investissements et un projet commun : celui de construire une salle de concert !

On notera aussi un projet rassemblant SM, JYP et FNC qui prévoient ensemble la construction d’un “complexe [qui] serait composé de salles de concert en ligne et hors ligne, de parcs à thème, d’installations de loisirs, etc.” :

Dernier exemple plus du côté internationale avec un partenariat entre HYBE et Universal Music (UMG). HYBE et ce label de musique américaine. vont lancer un nouveau groupe !

Aujourd’hui les choses s’accélèrent avec HYBE ! L’agence acquière la société de gestion pop Ithaca Holdings, agence en charge de grands noms de la pop américaine comme Ariana Grande ou encore Justin Bieber !

On peut dire que l’ère des Big3 est révolu depuis l’affirmation de la Kpop sur le plan internationale. Ce qui correspond du même coup à l’arrivée de la troisième génération d’idoles :

Il ne faut pas perdre de vue le but commun de toutes les agences et labels coréens : obtenir le coeur des publics internationaux, obtenir une place au sein de la musique internationale. Mais surtout se maintenir en tant que producteur innovant, pour faire danser et vibrer la Corée du Sud et la rendre fière de ce qu’elle est. 

Conclusion

Je pense avoir fait un premier tour d’horizon pour vous de ce que sont les labels de Kpop. Et de la manière dont ils ont réussit à innover pour l’industrie musicale. Aspect qui justifie leur déploiement sur la scène internationale, et resserre les liens des agences vers ce but commun. Celui d’amener toujours plus loin la culture coréenne par leur Hallyu musicale.

Nous avons vu aussi que cette évolution rapide amène aussi la nécessité de revoir, déconstruire et reconstruire le système des agences. Les Big 3 sont amenés à se repositionner en fonction des nouveaux labels arrivant sur le marché et ayant convaincu le public avec un concept plus humain et authentique.

La notoriété grandissante de la Kpop amène aussi de plus grandes responsabilités pour les agences ! Elles sont misent en lumière et ne peuvent plus cacher les mauvais traitements et règles qu’elles imposent aux idoles et doivent recalibrer leur politique interne. Challenge énorme mais pas impossible lorsque l’on sait à quel point les idoles s’impliquent d’eux-mêmes naturellement puisqu’il s’agit de leur rêve et de leur passion !

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5 thoughts on “Les labels de Kpop : fin de la Big 3 ?

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